Histoire de vie : À toi

Histoire de vie : À “toi”

“À toi”

Un phare dans l’océan

19 ans … Plutôt pudique sur les réseaux sur ce genre de choses intimes, aujourd’hui, parce que je sais que certain(e)s peuvent se reconnaître, parce que je le vois sans cesse en coaching à quel point les personnes que l’on attire, tout comme tous les types de relations, sont des échos à notre propre histoire, notre propre cheminement…

Parce que je vois encore dans les yeux de la petite fille et de la jeune femme apeurée de faire mal, de déplaire à son papa, les heureux stigmates d’un chemin résilient. Parce que dans ma tête et dans mon cœur désormais de femme, le chemin de l’Amour et de ses preuves était bâtit des contes de fées dont je me gavais…
J’ai décidé de confier à quel point certaines épreuves, certains jugements vis à vis de personnes nous challengeant sont de véritables trésors pour avancer, combien parfois les marques d’amour que l’on attend et que l’on croit ne pas avoir dans notre langage de l’Amour, sont en fait déguisées des durs plaisirs que notre âme incarnée a choisi de nous faire vivre pour évoluer… et des relents au goût parfois amer il est vrai sur le coup ,de notre besoin de reconnaissance… Pour exister, trouver sa place….
 
 
Papa …
 
Voilà aujourd’hui 19ans que tu es parti, 19 ans de long chemin pour ma part, avec une accélération incroyable il y a de cela un an.
Papa, voilà 19 ans que presque la veille de mes 18 printemps tu nous a quitté avec pour dernier écho à ta voix ce petit matin de jumping à Fontainebleau (Exposant/ Sponsor des championnats de France jeune cavaliers.), tes injonctions qui me terrorisaient littéralement à l’époque…
 
Ta dernière phrase ? Plutôt light cette fois-ci :
« Fabrique 3000 sandwichs, vous vous bougez le c.. J’arrive ! »
 
“Ok ça marche » version raide comme un bâton, reliquat pendant toutes les années qui ont suives ta mort, d’un stress étant identifié par la suite comme stress post traumatique…
 
Et d’où, jusqu’il y a encore quelques temps, la peur panique de ma hiérarchie, de toute forme d’autorité même (peur qui se personnifiait en moi à chaque fois de nouveau sous la forme de la jeune femme en quête d’approbation et de reconnaissance paternelle de l’époque…), une peur qui me paralysait totalement pour me faire faire encore plus de bêtises…
Oui, paniquée, je renforçais ainsi ta croyance que je croyais à l’époque que je n’étais pas bonne à grand-chose et de surcroit, je renforçait par là même, la mienne également… Le cercle infernal du manque de confiance en soi était ainsi de plus en plus vissé au tremplin de la descente aux enfers de la nullité…
 
Ce fut pour autant en cette chaude matinée, la dernière fois que j’entendis ta voix rauque… Une voix désormais que je chérirais presque…
Maso ? Non, la vie est étrange et ce que nous croyons vrai à une époque, finalement ne l’est souvent plus par la suite… Un bon scientifique vous le dira certainement.
Pour ma part, je le vois surtout sous la forme de l’évolution de la vie et de son âme au travers du chemin de croix de son incarnation sur Terre.
 
Voici finalement l’intro de ce qui pourrait être le livre de mon Histoire, prémisse de la création de ma boite de coaching HeArt & Love, avec pour crédo originel 
« L’Amour est un Art qui se développe avant-tout au fond de soi »…
 
Aider les gens à développer leur confiance pour faire littéralement éclore leur potentiel, par le design de la toile de leur réussite et avec pour conséquence l’émergence de leur séduction naturelle… Le concept vient finalement presque de toi papa… Cadeau de la vie, je vous le dit, même s’il a été déguisé pendant toute mon enfance sous une couche de mots pas très jolie que je ne conseille pas sur le plan éducatif … Mais merci papa !
Attention, ceci n’est en rien un réquisitoire diffamatoire contre toi cher papa… Non, car là où je voyais rabaissements divers/ dévalorisation (et s’en était faut pas se leurrer comme on dit) …
 
Pas dans la forme, mais désormais dans le fond, je vois que tu as essayé finalement de nous aimer de la façon dont tu as appris toi-même à aimer, ainé masculin de la fratrie à l’enfance endurcie de tes internats à l’ancienne, notamment…
Pour ma part, élevée avec mes frères « à la dur », comme on dit, je suis arrivée à 18 ans avec la sensation de n’être pas bonne à grand-chose, à part peut-être un certain talent identifié à l’époque pour l’écriture, les poèmes et mon gout assez subversif pour les histoires d’amour impossibles… !
Le romantisme d’un cœur écorchée vif au paroxysme de son Art… Avec une hypersensibilité à l’écho des sentiments, des ressentis des autres, exacerbée elle-même par les mécanismes de protections mis en place depuis petite pour éviter les brimades.
 
Oui, je me souviens que j’essayais d’anticiper tout le temps le comportement des gens, pour parer à une éventuelle attitude blessante à mon égard… Intuitivement parlant, je ressentais même comment la personne allait agir et j’appréhendais de mon côté ses faits et gestes au travers de la mise en place de paroles et d’attitudes bien choisies pour ne pas décevoir et souffrir…
Aujourd’hui les faits sont transformés et, non pas que je les cautionne, mais j’y ai mis du sens… Et je sais désormais pourquoi je ressens si bien les gens, je sais pourquoi dès un premier entretien lorsque j’accompagne, j’arrive à cerner et à identifier les besoins et les dynamiques relationnelles…
 
Une véritable « Mind map » pour bosser et passer à l’action… Merci Papa hein…  ?
Je ne suis pas là pour te faire un réquisitoire comme je te l’ai dit, alors, que ce soit dans tes côtés plus « chaotiques » comme dans tes côtés merveilleusement drôles et super intelligent, tu savais être généreux…
Cuisinier Hors pair, businessman « aux deux visages » dont j’ai décidé de ne pendre que ce que je juge être le meilleur… Tu étais cet homme incroyable de ma vie… Et désormais l’une de mes sources d’inspiration en tant qu’entrepreneure.
Je te ressemble ? Tant mieux !
À la différence que comme m’a dit une fois l’une de mes chères tantes et qui a par ailleurs été l’un des déclencheurs de ma transformation :
« Si ton père avait fait le travail sur lui à 30 ans, alors sa vie aurait été bien différente, notamment dans l’expression maladroite il est vrai de ses souffrances »… Pour ma part, de mon côté, en « life bonus » je me suis chopé un cancer… J’ai eu mon coup de pied au c… comme on dit !
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Car oui, je ne livre pas tout ici, mais aujourd’hui si je me suis sentie aussi forte pendant la maladie, si aujourd’hui je suis fière d’être de plus en plus en phase, alignée avec ce que j’entreprends, si aujourd’hui j’ai la force et les compétences nécessaire pour retransmettre et inspirer d’autres personnes à développer l’amour de soi… Oui , c’est grâce à ce parcours !
Toi et maman vous avez (et êtes) aimants… Maman a crée ce doux équilibre en écho à toute cette violence verbale…
Un écho au passage dont elle -même avait eu les foudres du temps de vos amours et qu’elle a réussi à tout de même équilibrer également avec le temps… La sagesse d’une âme optimiste, mais pas candide…
 
Car aujourd’hui ta « comtesse Aurélie » est devenue une guerrière qui ne se bat plus contre la vie, contre les injustices, contre les hommes, contre elle… Non !
Mais plutôt bien au contraire aux côté de la vie, une façon bien à moi de me soustraire des clivages (parfois nécessaires tout de même ) que deux forces opposées creusent forcément.
Une femme de plus en plus épanouie qui fait désormais de plus en plus corps avec sa singularité, avec son cœur et son âme… Un état de confiance en la vie, en ses dimensions subtilement merveilleuses, qui croit chaque jour.
Car qu’on le comprenne ou pas, j’ai le sentiment plus que jamais ancré que chaque âme d’enfant choisi son parent.
À ce titre, Papa, je tiens à te dire que tu es l’une des âmes personnifiées à l’origine de ma plus belle progression dans cette vie (bon avec quelques autres bons hommes, « entrainements » d’une vie sentimentale ou ton schéma était répété maladroitement haïe !).
 
 
Comme je ne pourrais jamais changer les faits, je tiens à te dire à quel point je t’aime papa… Oui, je t’aime comme j’aime tout ce que j’ai vécu jusqu’à présent. Je t’aime car à ta façon tu as su m’a guidé, mais cela je ne le voyais pas sous mon prisme d’enfant… J’étais aveugle à ta façon de nous aimer car cela était jugé comme mal…
Si je réprime la forme, je le réprime aujourd’hui de façon totalement choisie, en conscience.
Je sais aussi que tu as fait dans ta façon appréhender l’Amour et ses rouages, sans doute de ton mieux avec ton propre référentiel, ton propre chemin également à vivre pour expérimenter ta vie sur Terre…
Nous sommes tous liés, tous en interaction quoiqu’on fasse, quoiqu’on dise… Il n’ y a rien d’ésotérique là-dedans d’ailleurs…
 
 
Ce qui n’empêche pas que plus j’avance dans ma vie de femme et plus la personne physique que je suis avant tout te recherche, c’est vrai papa… Si je suis franche, tu ne m’a jamais autant manqué que maintenant…
Cela prend actuellement la forme du besoin d’un mentor, d’une figure à prépondérance masculine qui m’aiderait à développer ce que j’ai à développer sur certains aspects, notamment le pro… Car parfois un sentiment de solitude indicible m’envahit… Si pourtant je me connecte à toi, physiquement il y a ce manque ….
Sans doute pour mieux me faire voir l’Amour que je te porte également et que je n’ai pas su voir durant toutes ces années…
 
En fait, honnêtement je crois qu’inconsciemment je te recherche toujours pour te matérialiser de nouveau…
Mais je sais également désormais que, par les personnes que je rencontre, toutes ces merveilleuses personnes que je croise sur ce chemin de la vie parfois si laborieux, toutes ces opportunités d’avancer confortables ou non et bien je sais que tu es là, guide invisible résonnant dans mon cœur de femme libre et qui les appelle pour m’aider, me protéger, en plus du chemin en interne déjà entrepri…
 
Et dans mon cœur discret aux bruits pourtant incessants de tes guidances d’ange , résonnent de plus en plus les échos de mon histoire, de notre histoire, avec la connexion infini à ton amour pour moi , pour mes frères et tes sœurs …
Un Amour infini qui devrait nous permettre à tous de continuer à avancer …
 
 
Pour dire dès l’année prochaine, comme ton père le disait si bien :
“A nos vingt ans!”
Ta fille .
 

 

 

 

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